La théorie exposée permet la détermination, sur la base d'hypothèses conformes aux essais à la rupture, des moments de rupture d'une dalle en béton armé ou en béton précontraint. À la suite du développement des fissures sous l'augmentation des charges, les dalles se rompent suivant certaines lignes bien définies appelées "lignes de rupture". Ces lignes sont idéalisées et elles découpent la dalle en plusieurs parties. Les déformations élastiques sont négligées par rapport aux déformations plastiques concentrées dans les lignes de rupture.
Les parties de la dalle découpée sont des plans qui effectuent des rotations autour de certains axes définis par des conditions d'appui ou des conditions de bord ; et les lignes de rupture sont des droites. Dans ces lignes agissent :
- un moment fléchissant de valeur constante et maximum, égal au moment fléchissant de rupture ;
- des efforts tranchants ;
- des moments de torsion.
Les équations d'équilibre ou l'équation du travail virtuel donnent le moment de rupture. Il est admis que l'acier de l'armature atteint dans les lignes de rupture une contrainte égale à la limite d'écoulement pour les aciers doux ou durs naturels, et une contrainte bien définie et qui dépasse la limite conventionnelle d'écoulement à 2 ‰ pour les aciers étirés à froid ou tréfilés.
Le coefficient de sécurité est défini comme le rapport entre le moment fléchissant de rupture calculé sur la base d'une théorie de résistance des sections fléchies (théorie simplifiée C.E.B.) et le moment de rupture calculé selon la théorie des lignes de rupture.